Choisir un nom de domaine

Google.be, Wikipedia.org, Facebook.com, Hotels.com, Commentcamarche.net, etc. Nombre de sites Internet font partie intégrante de notre quotidien. Si leur succès est en grande partie dû à l’anticipation des nouvelles tendances du Web et à la qualité de leur service, un facteur stratégique a fortement contribué à augmenter leur notoriété : le nom de domaine.

À l’origine,le nom de domaine est le moyen de traduire une adresse IP numérique (exemple : 66.102.11.99) en caractères alphanumériques (exemple : Google.com) afin de simplifier l’accès aux sites Internet. Mais très vite grâce à l’essor du commerce électronique, le nom de domaine est devenu bien plus qu’une simple adresse : c’est aujourd’hui un facteur essentiel à la visibilité, la crédibilité et la notoriété du site Internet.

Choisir un nom de domaine pertinent se révèle parfois complexe. Voici quelques conseils afin de faire le meilleur choix.

Un nom simple et sans artifice

Gardez à l’esprit qu’un nom de domaine efficace est un nom de domaine simple et sans artifice. Sa longueur est donc importante : un nom de domaine court réduit le risque de fautes de frappe et est plus facilement mémorisé par vos prospects. Retiendriez-vous plus facilement ucm.be ou uniondesclassesmoyennes.be ?

L’internaute est devenu un vecteur clé de communication pour les sites Internet et le bouche à oreille est une source de notoriété à ne pas négliger. Les personnes s’échangent souvent oralement leurs bonnes adresses web, il faut donc veiller à ce que votre nom de domaine soit le plus prononçable possible. Afin de simplifier la prononciation du nom de domaine, il est judicieux d’éviter les tirets entre les mots. « Union des classes moyennes point be » est plus facile à dire et sera mieux retenu que « Union tiret des tiret classes tiret moyennes point be ». De plus, le tiret n’est pas un signe naturel de la lecture et de l’écriture. Cependant, dans certains cas, son utilisation peut s’avérer judicieuse car elle aide le cerveau humain à dissocier les mots d’une suite de caractères. Ainsi, il peut être utilisé lorsque la chaîne de caractères formant le nom de domaine n’est pas harmonieuse ou difficilement compréhensible. C’est le cas des noms de domaine contenant un mot finissant avec la même lettre que la première lettre du mot suivant, comme Charleroi et Immobilier. Charleroi-immobilier sera ainsi préférable à Charleroiimmobilier.

Si l’essentiel de votre activité ne se réalise pas sur Internet, il est logique de choisir un nom de domaine composé du nom de votre société, ou d’utiliser le nom de votre marque. Mais si Internet en représente l’essentiel, il peut être judicieux d’opter pour un nom de domaine générique (qui décrit une chose ou un concept) composé d’un ou de plusieurs mots-clés liés à l’activité de l’entreprise. Il bénéficiera d’une meilleure visibilité dans les moteurs de recherche pour les requêtes des internautes (composées du ou des mots-clés présents dans le nom de domaine). De plus, un nom de domaine générique est particulièrement attractif pour les internautes et inspire davantage confiance. Pour rechercher un hôtel sur Internet, quoi de plus crédible qu’hotel.com ?

Vous pouvez aussi opter pour un nom de domaine distinctif, c’est à dire n’ayant aucun lien avec votre activité, voire aucune signification, mais étant mémorisable, facile à prononcer, accrocheur. C’est le choix fait par des sociétés comme Google, Yahoo, eBay ou encore Orange (ex France Télécom). Avouez que Google.be est plus attirant que Moteurderecherche.be ! Néanmoins, un travail de marketing important est à fournir pour que l’internaute associe le nom de domaine choisi à votre activité. Qui aurait pu deviner, sans connaître la société, que Google est un moteur de recherche en ligne ?

L’importance du bon choix de l’extension

L’extension, appelée aussi domaine de premier niveau, est indiquée après le dernier point du nom de domaine. Les plus fréquentes sont .com, .net, .be, .org, .info, etc. Certaines extensions sont géographiques, d’autres génériques.
Les extensions géographiques indiquent une provenance géographique en rapport avec le site Internet. C’est par exemple le cas du .be pour la Belgique, du .fr pour la France, du .de pour l’Allemagne ou encore du .eu pour l’Europe.
Les extensions génériques indiquent un critère générique caractérisant un site Internet. L’extension .com signifie que le site à une vocation commerciale, .net que le site a un lien fort avec Internet, .org que le site est géré par une organisation sans but lucratif, .info que le site a un caractère informatif, .mobi que le site est optimisé pour un affichage depuis un terminal mobile, etc.
Il est important d’être en phase avec les critères pour lesquels les extensions ont été créées. N’utilisez pas, par exemple, un .eu si votre zone d’activité se limite à la Belgique ou un .org si vous êtes une entreprise commerciale. Une extension pertinente accroît la crédibilité du site Internet.

Vérifier que le nom de domaine n’est pas sujet à litige et protéger le site.

Avant d’enregistrer un nom de domaine, il convient de vérifier que ce dernier n’entre pas en conflit avec les droits de tiers. Vous trouverez ci dessous l'adresse du registre en ligne des marques commerciales déposées.

Certaines sociétés privées proposent, moyennant finance, une expertise pour mesurer le risque juridique du dépôt d’une marque ou d’un nom de domaine. Elles peuvent être utiles en cas de doute concernant la légalité de la réservation d’un nom de domaine.

Dans le but d’empêcher de potentiels concurrents de détourner du trafic en utilisant un nom de domaine proche de votre marque, il est conseillé de réserver différentes variantes de votre nom de domaine (dans plusieurs extensions, avec et sans tiret, au singulier et au pluriel, y compris d’éventuelles fautes de frappe), d’autant que le coût de ces adresses est très bas (de l’ordre de la dizaine d’euros par an). Il est bien entendu possible de faire pointer toutes ces adresses vers un seul et même site Web.

Des procédures existent pour régler les litiges et récupérer un nom de domaine utilisé frauduleusement par un tiers. Les litiges peuvent se régler judiciairement et/ou de façon alternative (plus rapide et moins onéreuse). Le règlement alternatif (nommé procédure URDP) est une procédure administrative (donc extrajudiciaire). Un centre d’arbitrage et de médiation propose des arbitres neutres pour prendre une décision quant à la propriété du nom de domaine litigieux. Pour un litige concernant un .be, le CEPANI (Centre Belge d'Arbitrage et de Médiation) est l’organisme compétent.

Acheter son nom de domaine sur le second marché

Trouver un nom de domaine générique de qualité et libre d’enregistrement de nos jours est devenu très difficile. Un nom de domaine est aujourd’hui un bien économique dont la valeur peut atteindre plusieurs millions d’euros. Le second marché des noms de domaine s’est donc fortement développé. Certaines personnes et sociétés ont fait de la revente de nom de domaine un véritable métier. Cette activité s’appelle le domaning et les vendeurs sont appelés des domaineurs.

Des plateformes comme Sedo (le leader mondial de l’achat-vente de noms de domaine), Boursoweb, Capnom et bien d’autres permettent d’acheter des noms de domaine à des détenteurs (particuliers ou entreprises) de noms de domaines. Ces plateformes sécurisent et facilitent le paiement ainsi que la transaction des noms de domaine entre propriétaires et acheteurs.

Acheter un nom de domaine sur le second marché est souvent un choix judicieux car l’investissement financier réalisé est généralement vite rentabilisé par la valeur ajoutée apportée par la qualité du nom de domaine.

Choisir un bureau d’enregistrement

Vous devez obligatoirement passer par un bureau d’enregistrement agréé pour réserver un nom de domaine. Ce dernier établit les démarches administratives et techniques nécessaires pour la réservation auprès du registre du nom de domaine (exemple DNS Belgium pour le .be, Verisign pour le .com, …) et vous permet de gérer et configurer votre nom de domaine. Il est possible à tout moment de changer de bureau d’enregistrement si vous n’en êtes pas satisfait. Outre la réservation du nom de domaine, les bureaux d’enregistrement proposent diverses gammes de services (renouvellement automatique, anti cyber squatting, anonymisation des coordonnées, …). N’hésitez pas à comparer les offres financières et les différents services proposés par ces bureaux spécialisés.

Si vous faites développer votre site Internet par un prestataire technique (une agence web par exemple), il est possible que la démarche de réservation du nom de domaine soit effectuée par celui-ci. Dans ce cas, assurez-vous qu’il n’agisse qu’en tant que simple intermédiaire et enregistre le nom de domaine en votre nom et avec vos coordonnées car cette adresse Web constitue un actif important de votre société et il est indispensable que vous en ayez le contrôle.

Rédaction : Christophe Falesse (mai 2010)
Bachelor en e-Business à la HE de la Province de Liège

Tuyaux pour choisir un nom de domaine pertinent pour son site

  • N’hésitez pas à acheter un nom de domaine de qualité sur le second marché
  • Privilégiez un nom court, simple et mémorisable
  • Choisissez une extension adaptée
  • Vérifiez que le nom de domaine choisi n’est pas sujet à des litiges juridiques
  • Comparez les offres entre les bureaux d’enregistrement
  • Réservez comme noms de domaine si possible diverses variantes de votre dénomination commerciale et de vos marques (avec plusieurs extensions, avec et sans tirets, au singulier et au pluriel, avec et sans accents, …). L’investissement est très faible et judicieux eu égard aux risques de détournement de trafic.

Attention : arnaques au niveau des noms de domaine internet !

Après les arnaques aux annuaires professionnels et aux insertions publicitaires sur un site web qui se révèle être très confidentiel, apparaissent maintenant les arnaques au nom de domaine Internet.

Ces arnaques prennent généralement 2 formes :

  1. un démarchage téléphonique vous proposant de réserver, à des tarifs abusifs, des noms de domaine supplémentaires au vôtre (par exemple : réserver un adresse .net, .biz, .info). S’il peut être judicieux de réserver d’autres noms de domaine que .be ou .com, toutes les extensions ne sont pas pertinentes, et une réservation supplémentaire ne devrait pas coûter plus d’une vingtaine d’euros par an (des offres existent pour moins de 10 euros).
  2. Un document ressemblant à une facture, avec parfois la mention « rappel », laissant croire qu’il faut l’honorer pour renouveler votre nom de domaine existant.Il convient d'être attentif et d'analyser toutes les mentions, et plus particulièrement celles en petits caractères. En examinant ces mentions, on constate souvent qu'il s’agit non pas d’une facture à payer mais d’un contrat de transfert de votre nom de domaine vers un nouveau gestionnaire, généralement nettement plus cher que l’actuel ! ne payez donc surtout pas cette « facture de rappel».
Depuis fin 2010, le SPF Economie publie en ligne une liste de sociétés pratiquant des arnaques.

Si vous avez été victime d’une pratique commerciale déloyale, vous pouvez (porter plainte).

Si vous souhaitez faire valoir vos droits (obtenir un remboursement, une résiliation du contrat signé sans frais, etc.), seules les autorités judiciaires pourront vous y aider.

Rédaction : Damien Jacob (mai 2011)